trail de brocéliande

Alors voilà, j’inaugure à mon tour la section « récits de course », avec un gros morceau puisqu’il s’agit de mon objectif sportif 2019, j’ai nommé le Trail des Légendes de Brocéliande, un 52k de l’OTT avec 1350m de dénivelé (ce que je n’ai jamais affronté)

Après une répétition générale au Trail de l’Archange avec Loïc, Elodie et Lionel, qui s’était bien passée, et une grosse préparation cet été, c’est quand même avec pas mal d’appréhension que je me suis dirigé avec Loïc de bon matin vers la ligne de départ !

 

6h20, on se retrouve à la frontale au bout de la rue, et c’est parti pour le domaine de Trémelin à Iffendic. La météo est parfaite:soleil, pas de grosses chaleurs, terrain bien sec (quoi ? Du Trail sans boue ???)

Arrivée sur site avec une bonne marge, ce qui nous laisse le temps de récupérer nos lots (polo, bière et bon pour une galette saucisse… 35’style !). On se prépare, on prend direct quelques photos … les couleurs sur le lac sont magnifiques au lever du soleil… et déjà le speaker annonce le départ.

8h… let’s go !!! La meute des 500 coureurs s’élance pour 52km d’aventure...et quelques heures d’efforts 

Les premiers 10k, assez roulants, sont avalés comme une formalité, on se force souvent à ralentir en prévision de la suite… en même pas une heure, c’est bouclé . On se surprend à penser que les pronostics de Loïc la veille « aux environs de 5h !!! » ne sont finalement peut-être pas si ambitieux ??? La suite va se charger de nous ramener à la réalité !!! 

 

Premier ravito vite expédié, on enlève les coupe-vents, et on enchaîne.

 

On arrive alors dans la Vallée du Serein, alternance de landes, passages rocheux, et petits singles en forêt. Le style de terrain que j’adore, vraiment joli mais assez casse-pattes et assez piégeux, il y a pas mal de chutes autour de nous. Les choses se compliquent car on commence à se prendre du dénivelé et les cuisses chauffent.

Entre le 20eme et le 30eme, le niveau s’est bien relevé, et les organismes commencent à souffrir. Le 30eme est particulièrement difficile… près de 12 minutes pour en venir à bout, des passages accrochés à des cordes, des chaînes, en mode escalade… même punition avec le 31 et le 32… on arrive dans le dur ! Ah, on voulait en suer, on bien est servi...

Heureusement, la majorité des cours d’eau sont à sec, ce qui nous évite pas mal de sections dans l’eau ou très humides, boueuses, grasses en temps normal… c’est toujours ça de pris.

C’est donc « un peu » fatigué qu’on arrive au ravito du km34 (3ème ravito) au sommet de la 1ère côte du motocross d’Iffendic. On y croise Pauline qui est venue soutenir son mari…et nous aussi par la même occasion ! Merci Pauline pour tes encouragements…

Après une petite pause bien méritée (19 minutes pour le km34), il faut y retourner, car le chemin est encore long. Pas de panique, on a quasi une heure d’avance sur la barrière horaire ! La traversée du motocross pique vraiment les jambes et on se prend 4 montées /descentes bien violentes, qui feraient passer le circuit d’Ossé pour un terrain de jeu miniature pour enfants.

Nous voilà à présent dans La Chambre aux Loups…paysages somptueux, falaises, étangs, ruisseaux, pinèdes, montées et descentes bien raides s’enchaînent à un rythme soutenu. Quelques débuts de crampes me font pas mal cogiter, mais finalement pas trop bloquant. Loïc lui est plus dans le dur, et on ralenti l’allure pour qu’il trouve un second souffle…pas facile ! Passage de la distance marathon en 5h24… ça semble mal barré pour finir en 5h !!!

Mais enfin ça y est, le plus dur est fait, on se motive et on pousse jusqu’au dernier ravito, km44 … ou km46, plus personne ne sait trop !

Là encore, on fait une bonne pause, et on recroise Pauline (coucou encore !!!).

C’est enfin la dernière partie, on sait qu’on va y arriver… mais il nous reste encore 6k et la carrière à traverser.

Univers entièrement minéral, assez lunaire. Les dernières grosses montées sont là. Quelques minutes d’efforts, une pompote au sommet, et on file vers un petit bain de pieds et l’arrivée (enfin façon de parler, car on marche à la moindre côte).

Nous revoilà dans la forêt, en approche du Domaine de Trémelin, plus que 3km, c’est le moment de savourer… au détour d’une clairière, on croise aussi un petit bar/fest-diez où les bénévoles offrent de la bière Lancelot … Loïc passe son tour, mais je craque ! Hummm elle est bonne ! (Avec modération)

Allez, qu’on en finisse… direction la ligne d’arrivée, avec une dernière surprise juste avant de la franchir : nos collègues d’OSN David et Olivier, engagés sur le 26k, sont là pour nous encourager ! Merci les gars, ça faisait vraiment plaisir !!!

J’en termine en 6h48… un peu plus que ce que j’avais imaginé, mais tellement content d’en être venu à bout, objectif atteint. Loïc arrive juste après, pas fâché non plus !

Le temps de faire un petit debrief, direction le ravito d’arrivée, encore bien garni (les premiers sont pourtant arrivés près de 3h avant nous).

On prend le temps d’apprécier une bière bien fraîche et une galette saucisse devant le lac, en encourageant les coureurs qui arrivent après nous… puis retour tranquille à la maison: l’ambiance est très très calme dans la voiture, on sent qu’on va bien dormir ce soir !!!

 

C’est maintenant l’heure du bilan:

  • Merci Loïc de m’avoir accompagné sur cette course, je n’aurais pas aimé la faire seul
  • Content d’avoir terminé en relative bonne forme, le protocole nourriture (1 barre/7km) et hydratation (1/km) en plus des ravito a permis d’éviter les gros coups de mou.
  • La préparation de cet été a porté ses fruits, la distance 50k est définitivement validée
  • La route est encore longue avant de passer à la distance supérieure
  • Content d’avoir fini quasi dans le même temps qu’au Mont Saint Michel, alors qu’on avait presque 1000m de D+ supplémentaires !
  • Une belle aventure et des paysages vraiment magnifiques
  • Une organisation au top, et un fléchage nickel
  • Ma course la plus difficile jusqu’à présent…circuit très exigeant 

Hâte de remettre ça !!! Venez nombreux et nombreuses avec nous !!!


La montée du phare d'eckmuhl

Récit de course Montée du phare dʼEckmühl 2019

 

 

 

 

 

Inscription

 

Cela faisait plusieurs années que je voulais tester cette course. Cʼest une course un peu spéciale car très (très très) courte : la pointe de Penmarcʼh dans le Finistère sud.

 

 

 

Je vais souvent dans le Pays Bigouden mais ces dernières années, cela ne tombait pas forcément bien. Mais cette année, cʼétait presque ça ! Je dis presque car jʼavais un repas anniversaire le midi et la course se déroulait de 14 : 18h :)

 

 

Comme la course est très courte (de1 minute : 3 minutes selon les concurrents), le départ se fait par série de 10 : 12 coureurs. Dans chaque série, les concurrents partent avec une minute dʼécart entre eux et attaquent

 

: un sprint particulier :

 

      une vingtaine de mètres de course sur du plat,

 

      suivie par 5 marches pour accéder au perron du phare,

 

      et enfin ce bel escalier en colimaçon avec plus de 300 marches et arrivée tout en haut.

 

 

 

Quelques jours avant, jʼai demandé : mʼinscrire sur une série tardive et jʼai obtenu un départ :17h 40 (dans la 11ème série), ce qui devrait me laisser un peu de temps pour digérer le repas, atténuer les effets de accompagnement des plats et mʼéchauffer un peu.

 

 

 

Aucune idée de ce que cela va donner. Je ne suis pas coutumier de ce type de course, mais plutôt des formats supérieurs : 20km. En voyant le record de lʼépreuve (0ʼ46") et les temps des années précédentes, je me dis que le temps médian de 1ʼ20" me conviendrait bien. Les courses que jʼai fait qui sʼen rapprochent le plus sont lʼUrbain Trail de Rennes (dont le tee-shirt est de sortie) mais en mode 14 ou 24km et le non moins fameux Urban Trail de Cha

teaugiron organisé par la super équipe de Ossé Sport Nature.

 

échauffement puis lʼattente

 

Une fois nʼest pas coutume, jʼarrive un peu en retard devant le phare. Une fois garé, le dossard épinglé il ne me reste même pas 10 minutes pour mʼéchauffer. Je trottine un peu, fais 2/3 accélérations quasiment : froid et me rend au départ.

 

Ma série est aussitôt appelée et je suis le 9ème de la série. Ça me laisse de


nouveaux 8 minutes pour sautiller sur place et chauffer les articulations. Jʼen profite pour regarder ceux qui partent avant moi et cʼest impressionnant la différence dès les 5 premières marchent : certains les passent en mode 2/2/1 ou 3/2 ou 2/3 ou 4/1 et même un 5/0 !!! Pour ma part, ce sera un 3/2 :)

 

 

 

Le départ

 

Ca y est, mon tour arrive. 3, 2, 1…. Top !

 

Super ambiance pour tous les départs gr`ce : la centaine de supporters

 

amassés au pied du phare. Je pars comme je peux, mais nʼétant pas habitué

 

au départ sprint, je mets du temps : trouver ma foulée et je suis déj: arrivé sur les 5 premières marches ! Jʼai déj: du laisser 5" en chemin.

 

Je passe les 5 premières marches en mode 3/2 après avoir tricoter pour trouver le bon appui.

 

 

 

Vidéo départ : https://www.instagram.com/p/B1jy36rDDiv/? utm_source=ig_web_options_share_sheet

 

 

 

La vraie montée

 

Ah, ces marches au début je trouve quʼelles se font très bien. Jʼopte pour une montée 2 marches par 2 marches,la main gauche surla main courante et je donne tout ce que je peux :) Je pense que jʼétais vraiment bien pendant les 2/3 dela course, mais l:, ça cʼest corsé. Les 100 dernières marchent on été beaucoup plus dures : franchir et mes jambes ne répondaient plus beaucoup Je suis passé en mode une marche par une marche, jʼai un peu marché (chut ne le dites pas : Lionel) et jʼai tiré fort sur mon bras gauche…

 

Il y a beaucoup dʼencouragements dans les escaliers dela part des bénévoles qui sont postés sur le côté : intervalles réguliers.

 

 

 

Enfin arrivée ah, non juste une plateforme :la fin de lʼescalier en colimaçon, mais il en reste un autre droit avec environ 10/12 marches Ouah,la   désillusion qui mʼa fait perdreau moins une seconde :)

 

 

 

Ca y est, jʼen termine et jʼarrive : lʼextérieur La délivrance. Le cardio a tenu bon (172 bpmau max) mais les cuisses ont chaud…

 

 

 

Je profite de la fin dela série et des quelques minutes qui suivent pour reprendre mon souffle mais surtout ccontemplerla vue extraordinaire du haut du phare, qui culmine : plus de 60m de haut. Et avec tout cela, je nʼai toujours

 

aucune idée du temps alisé. !

 

La descente

Il est maintenant de redescendre Un bénévole me dit que jʼai fait 1ʼ32 ce qui me dépite un peu (mais je le remercie tout de même, il nʼy est pour rien… enfin presque).

 

Arrivé en bas, cʼest la bonne surprise, mon temps officiel est de 1ʼ23"52 ce qui

est bien plus conforme au temps que jʼavais imaginé. Avec ce temps, je me situe au dessus du temps médian, mais en dessous du temps moyen

 

 

 

Je récupère aussi mon maillot floqué « championnat du monde de montée de phares » ! Ca en jette grave ! Il est super joli et ce nʼest pas souvent quʼon a des maillots blancs donc ça permettra de bien compléterla garde robe.

 

 

 

  Bilan

 

Cʼest une superbe course, pas dans ce que jʼai lʼhabitude de faire mais je la retenterai. Car il y a une superbe ambiance devant le phare et à lʼintérieur grace aux bénévoles.

 

ai en plus une revanche : prendre et je pense quʼavec un tout petit peu dʼentrainement pour ce type dʼépreuve, je peux arriver proche des 1ʼ10".

 

 

 

A année prochaine, si le planning le permet ! Maintenant, direction le Trail des Légendes de Brocéliande (52km et 1300m de dénivelé positif).

 


ultra marin du golf du Morbihan 2019

 

Récit de course UTMM 87km

 

Voici le récit de ma première participation à l'ultra-marin du Morbihan, mon premier ultra-trail.

 

Mais pourquoi je me suis lancé dans un ultra-trail de 90km au juste ? Un peu d’orgueil, beaucoup d’envie, de l’admiration pour mes compagnons de courses à pied après le récit de leur participation à l’Ultra-Trail des Côtes d’Armor (n’est ce pas Elodie et Lionel)…

 

Bref, courant mars, je me suis inscrit et la préparation a débuté. Assez compliqué d’ailleurs au début car j’avais ma préparation pour mon objectif de 3h30 au marathon de Paris fin avril où je devais chercher de la vitesse et qui était difficilement compatible avec la préparation du trail !

 

J-1 :

 

Préparation des affaires, préparation du sac et remplissage des poches avec une certaine logique (la mienne qui n’est pas forcément la même tous les jours).

 

Le jour J

 

Nous voici donc le 28 juin, le jour J, départ à 15h. Pas de stress particulier car la préparation a été plutôt bonne et j’ai intercalé dedans le Trail de l’Archange de 55km fin mai qui s’est passé sans encombre.

 

Départ de Rennes à 9h, arrivée à Vannes à 10h 30 le temps de récupérer mon dossard et les goodies d’avant course (un gobelet spécial 15 et la fameuse boîte de biscuits La Trinitaine dont on m’avait parlé). Restauration à 12h sur le village avec ce que j’ai amené : un peu de saucisson, ma salade de pâtes aux tomates cerises et une banane (un bel exemple de repas de runner).

 

A 12h, les premières navettes arrivent ! J’embarque dans une vers 12h 40 et direction Arzon avec environ 30 minutes de route où nous arrivons avec une brume de mer et environ 25° ce qui contraste beaucoup par rapport au soleil brulant du village de Vannes et ses 32°. L’ambiance est très calme dans le car : soit tout le monde est concentré sur sa course, soit tout le monde se demande finalement ce qu’il fait là !

 

13h 30, je commence à me préparer : crème solaire, crème anti-frottement sur les épaules (car mes épaules avaient pris cher au Trail de l’Archange à cause des mouvements du sac). Mais hélas, quelques minutes plus tard, la rumeur se répand parmi les coureurs que le départ est décalé de 2h. Rumeur confirmée par le SMS qui arrive quelques minutes plus tard et qui explique qu’il s’agit d’une décision préfectorale… Nouveau départ à 17h, il va falloir patienter encore 3h ! C’est la douche froide pour tout le monde et ça râle beaucoup dans les chaumières bretonnes en particulier par rapport au repas pris à midi.

 

Avec ce décalage, le ravito du départ est dévalisé en quelques minutes et ne propose rapidement plus que de l’eau. Il y a une salle sur le port mise à disposition et comme beaucoup de coureurs, je décide de m’y poser et même de m’allonger pour dormir : la sieste de 45 minutes fera un bien fou !

 

16h, l’excitation et l’impatience sont palpables chez les coureurs ! La musique envahit le port et tous les coureurs ressortent pour se dégourdir les jambes sous un soleil qui refait son apparition.

 

16h 40 : remplissage de la poche à eau et des flasques et nouvelles couches de crème solaire et de crème anti-frottement.

 

16h 50 : lancement du protocole de départ avec un clapping en l’honneur de l’une des membres fondatrices de l’Ultra-Marin emportée quelques jours auparavant. Le speaker annonce 1148 partants (pour 1200 inscrits) et nous rappelle de bien nous hydrater car la température remonte très vite et très fort !

 

16h 58 : c’est le moment où beaucoup se disent (enfin au moins moi) : qu’est ce que je fais là ???

 

17h : le top départ est donné, il n’y a plus le choix. Je pars environ environ à la 700 (au vu de ma position par rapport à l’arche de départ).

 

Même si mon objectif premier est d’être finisher, j’ai toujours dans un coin de ma tête de faire 12h. Le départ décalé de 2h, cela donne maintenant 6h de course de nuit à gérer donc on verra bien ce que cela va donner !

 

Le départ de la course est plutôt tranquille. Je pars environ à 6’10" du kilomètre. Ca discute beaucoup dans les rangs. J’en profite pour remonter quelques places de façon régulière mais prend tout de même le temps de prendre aussi des photos, surtout qu'il y a pas mal d’endroits où le tracé se rétrécit et ça bouchonne rapidement.

 

Passage au 5km en 33’ : tout va bien mais le soleil tape dure maintenant et il doit faire environ 32°. Puis au 10km en 1h 11’ : je me ravitaille de façon régulière et me force à boire une gorgée à chaque big kilométrique de la montre. J’ai d’ailleurs désactivé le suivi cardio au poignet pour optimiser la batterie, ne sachant pas vraiment quel temps je vais faire. Ce serait dommage de ne plus avoir de batterie à 10km de l’arrivée. Je commence aussi dixième kilomètre ma première barre Meltonic (et oui, toujours aussi fan) en alternant des versions sucrées et salées.

 

C’est vraiment chouette car il y a pas mal de spectateurs sur le bord des chemins et ça motive vraiment !

 

Premier ravitaillement au 19ème km ! La poche à eau est quasiment vide et la flasque aussi.  Je remplis la flasque, je bois… Et maintenant au tour de la poche à eau ! Galère… La couture avait lâché et on me l’a réparé sauf que je perds 3’ à l’enlever du sac et encore plus à la remettre. Ce ravitaillement (comme les suivants) est super bien géré avec des bénévoles très sympathiques et avenants). Je mange un peu de sucré (banane) et de salé (plutôt quelques chips, merci Elodie pour le conseil). Je repars mais dès quelques dizaines de mètres, je sens de l’eau dans le dos… J’ai du mal la fermer ! Ca se confirmera quelques kilomètres après car les deux litres se sont littéralement évaporés et pour ma part, j’ai le dos trempé !

 

Je profite du kilomètre qui suit le ravitaillement pour envoyer/répondre à 2/3 SMS et poster un message Facebook dans une story.

 

Je pense qu’à la faveur du ravitaillement j’ai du dépassé une cinquantaine de coureurs. Le course se poursuit jusqu’au ravitaillement d’après au 34ème kilomètre, et je me sens super bien avec quelques kilomètres enchainés à plus de 10km/h. La chaleur est maintenant bien tombée et on doit être plutôt aux alentours de 28°.

 

2ème ravitaillement, celui du 34ème kilomètre. Même combat avec la poche à eau mais je décide cette fois de ne pas la sortir du sac pour la remplir… Toujours les mêmes ressources : chips et bananes auxquels s’ajoutent du saucisson ! C’est plus rapide mais j’en mets aussi partout dans le sac… Bref, il faudra régler ça pour les prochaines courses car j’ai le dos trempé depuis 15km mais heureusement, il fait encore bon. J’entends beaucoup de coureurs pester comme quoi il fait très chaud et que le début de course a été très dur à cause de la chaleur.

 

Du 34ème au 42ème kilomètre, la course se poursuit tranquillement. Passage au marathon en 5h 15. C’est 8 minutes de moins que pour le trail de l’Archange fin mai et surtout, je me sens encore en pleine forme.

 

Passé le marathon, les difficultés commencent rapidement. Non pas physiquement, mais plus d’un point de vue logistique car la nuit tombe tranquillement et on ne voit plus grand chose dès qu’on passe en zone couverte. Le gros ravito étant à 48km, je souhaite pousser jusque là-bas sans frontale et je prendrai le temps de m’équiper à la pause. Les kilomètres passent, les racines aussi et je manque de me mettre au tapis 4/5 fois, mais je me récupère à chaque fois bien, même si une fois, la cheville a failli tourner.

 

48ème kilomètre : le ravito qui fait du bien (ou pas)

 

J’arrive au principal ravitaillement de l’épreuve. Il y a déjà pas mal de coureurs à table. La température dans la salle est super élevée car c’est un gymnase en tôle qui a chauffé toute l’après-midi.

 

Et je prends comme tout le monde ma ration de pâtes et de fromage râpé et toujours une poignée de chips et du saucisson. Mais en plus une petite soupe très bonne ! Je me pose et en mangeant on discute entre trailers : du parcours, de ce qu’il reste à faire. L’un de ceux assis à la table qui arrivent 10 minutes après moi rejoint sa copine qui était dans les mêmes temps que moi. Il est KO et ne souhaite pas manger mais on pousse à le faire pour ne pas qu’il soit sous alimenté ensuite. C’est marrant comme quelques runners à une table discute rapidement et ouvertement de leurs course, de leur préparation (avortée pour certains) et surtout se donne des conseils.

 

Il y a aussi pas mal de monde au niveau des tentes de soin et je me dis qu’il doit commencer à y avoir quelques abandons.

 

Le repas est terminé, place à l’équipement. Je sors la frontale, je change de maillot et je repars environ 25 minutes plus tard dans la nuit noire. Le remplissage de la poche à eau s’est fait sans trop de dégâts cette fois, mais toujours sans la sortir du sac.

 

Premier virage en sortie du ravito, je prends la mauvaise direction (suivi par deux autres coureurs) et m’en rends compte au bout de 100m car au croisement d’après, il n’y a plus aucun balisage. On rebrousse chemin et effectivement, on s’aperçoit qu’il fallait prendre tout de suite à gauche en sortant du ravitaillement alors que j’avais bêtement été tout droit.

 

Ca promet pour les 42km (tiens, un marathon) qu’il reste à faire dans la nuit noire. Je redouble de vigilance en reprenant la bonne trace.

 

Les sensations sont assez bizarres de nuit. Je reste dans un petit groupe et contemple le halo de ma frontale (LedLesnser H7R 2). Merci à Elodie et Jean-Philippe pour les conseils. Elle est vraiment top et je me permets de ne pas la mettre à fond car on est un petit groupe de 10 coureurs.

 

Un des coureurs annonce qu’il est ressorti du ravitaillement en 326ème position. Je n’en reviens pas et pensais être plus loin. Belle satisfaction, même si l’objectif est avant tout d’être finisher.

 

Passé le 50eme kilomètre (environ minuit), les spectateurs se font de moins en moins nombreux, mais il en reste ;)

 

Quelques kilomètres plus loin, on enchaine des passages dans les zones de boue. L’objectif est avant tout de ne pas tomber et de ne pas laisser une chaussure dedans. Quand je pense que pas mal de coureurs ont mis des belles chaussettes / chaussures propres au ravitaillement ! j’ai bien fait d’oublié de changer mes chaussettes :)

 

Je suis un peu dans le dur du 52 au 60ème kilomètre, même si je cours toujours pas mal. Je sens que la foulée n’est plus ce qu’elle était avant le ravitaillement et je tourne plutôt sur des temps à 8' au kilomètre. Je me concentre sur ce qu’il reste à faire et fais attention au parcours car je me retrouve très souvent seul. C’est le moment où on se dit : « mais qu’est ce que je fais là ? ».

 

Je me demande régulièrement si je suis toujours sur la bonne trace car il arrive que je ne vois aucun balisage pendant plus centaines de mètres, donc j’ai toujours la crainte d’avoir loupé le dernier virage.

 

Mais non :)

 

Je double assez souvent des groupes de 2/3 coureurs (qui marchent) qui pour certains me redoublent lorsque je me mets à marcher… et ainsi de suite :) Bref, je continue mon chemin tranquillement !

 

Peu à peu, je reprends du poil de la bête et tourne en 7’30" du kilomètre de façon assez régulière en alternant toujours course et marche. Environ 850m de course à 6’40" et 150m de marche rapide : un rythme qui me permet de regagner des places  de façon régulière.

 

67ème km : le ravito qui change tout !

 

Je ne sais pas ce qui s’est passé à ce ravitaillement, mais je suis reparti avec une pêche d’enfer alors qu’il est prêt de 2h du matin ! J’ai réussi à remplir ma poche à eau avec une bouteille sans en mettre partout et ce que j’ai mangé ma requinquer. 10’ de pause et c’est reparti, toujours dans la nuit noire mais plus motivé que jamais. Par curiosité, je demande mon classement à la sortie du ravito : 260 de mémoire : waouh ! Ca me booste encore un peu plus.

 

Je me dis qu’il ne reste plus qu’un « semi-marathon » à faire, donc que cela devrait aller. Je repars sur des les mêmes bases qu’avant (~7’30" au kilomètre) jusqu’au dernier point d’eau de la course à 78km toujours en doublant régulièrement des concurrents. Au 78ème, je choisis de ne remplir que ma flasque en me disant que 0,5L d’eau devrait me suffire à aller au bout.

 

Je repars après une mini-pause de même pas 2 minutes et enfile les derniers kilomètres comme si c’était un dix kilomètres. Je suis maintenant plus proche des 7’ au kilomètre et commence à me dire que mon objectif de 12h est réalisable. Les derniers kilomètres sont longs car on est pressé d’arriver. On distingue les lumières de Vannes, mais on ne sait pas vraiment ce qu’il reste comme distance. Je maintiens mon rythme, double des coureurs et ca y est, je distingue clairement l’arrivée. Elle est juste de l’autre côté du bassin !

 

L’arrivée

 

Ça y est, elle est là à quelques centaines de mètres. Au début de la ligne d’arrivée, un spectateur (car il en reste quelques uns même à 5h du matin) me glisse : « vas y tu peux savourer maintenant ». Je suis des consignes à la lettre ! Je me décontracte complètement et savoure le moment, comme je n’ai jamais savouré une arrivée de course. Ça fait vraiment bizarre comme sensation de passer la ligne d’arrivée seul en pleine nuit : personne 1 minute avant ni après moi… et un speaker qui annonce mon nom en même temps pour les dix personnes qui sont encore là.

 

Classement

 

11h54’49” et une 192eme place ! Autant, je visais moins de 12h, autant je ne pensais pas être aussi bien classé parmi les finishers.

 

Bilan

 

Vraiment super content de mon premier ultra-trail.

 

Et je pense que c’est la meilleure gestion de course de ma grande carrière de sportif ! La préparation sérieuse a porté ses fruits. Pas de douleurs particulières et passage de la ligne dignement ! Prêt à repartir bientôt et à tenter la barre « mythique des 100km prochainement ;)

 

Félicitations à toute l’équipe de l’ultra marin car la course était super bien gérée, que ce soit le village, les navettes, les ravitaillements, le balisage...

 

Seul bémol : la fameuse boîte de gâteaux La Trinitaine aux couleurs de l’Ultramarin était trop petite ;)